Roman publié en 1947 (Folio).

Extrait n°1

« Henry-le-peintre n'était pas français et ne s'appelait pas Henry. Et ce n'était pas un vrai peintre. Il avait tant conté d'histoires sur la Rive Gauche, à Paris, qu'il avait fini par y croire, bien qu'il n'y eût jamais été. Il suivait fiévreusement dans les revues le mouvement dadaïste, les schismes, les jalousies étrangement féminines et religieuses et les obscurantismes des écoles qui se faisaient et se défaisaient. Périodiquement, il se rebellait contre les formes et les techniques révolues. Pendant toute une saison, il jeta les lois de la perspective pardessus bord. Une autre année, il renonça au rouge, et finalement il renonça à la peinture. Qu'Henry ait été ou non un bon peintre, la question n'a jamais été tirée au clair : il se jetait si frénétiquement dans des mouvements de toute nature qu'il n'avait guère le temps de peindre. » (p64)